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Mon Gravenchon


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la nouvelle vague ESSO en 1950


2e partie : la vie à GRAVENCHON en 1950

Deuxième partie : les conditions de vie à Gravenchon en 1950
Les jeunes techniciens résidant dans les baraques n’avaient pas l’impression de vivre à Notre Dame de Gravenchon : en effet, la commune semblait alors constituée de 3 entités distinctes, séparées par de vastes zones agricoles : Notre-Dame appelé « le vieux Gravenchon » avec son église, sa mairie, ses fermes, un village cauchois sans intérêt où ils n’allaient jamais ; les « cités » où vivaient les gens mariés… et le quartier St-Georges qui paraissait tellement autonome que le courrier était adressé à St-Georges de Gravenchon où se trouvait la Poste ! la plaque de vélo (alors obligatoire) était gravée à cette même adresse ! ils vivaient en communauté en dehors de Gravenchon, un peu comme des pionniers… géographiquement excentrés, psychologiquement émigrés, ayant de très nombreux points communs, ils ne ressentaient pas le besoin de s’intégrer dans un village qui leur paraissait fermé. Leur souci prioritaire était le travail, et les plaisirs de la vie en groupe ; les discussi
ons, la table et les plaisanteries, un peu le prolongement de la caserne.
De fait, ils étaient totalement dépendants d’ESSO : les longs temps de travail (8h/12h et 13h/17h48 du lundi au vendredi et 8h/12h le samedi) ; les repas pris à la cantine le matin à 7h30 et le soir à 18h, le logement entretenu par une salariée et étroitement surveillé par le gardiennage. Les week-ends, assez courts, étaient mis à profit pour s’évader de Gravenchon par les cars CNA vers Rouen ou Le Havre ; malgré leur fréquence, ces cars étaient bondés ; le chauffeur encourageait à pousser pour n’abandonner personne, ceux qui étaient déjà montés résistaient jusqu’au démarrage du car, comme dans les « comics » d’alors ! Un bon nombre de jeunes, ceux qui faisaient les quarts et ceux qui étaient arrivés en 1948, devaient passer leur temps de repos à Gravenchon, parce que trop éloignés de leurs familles ; ils fréquentaient le Club sportif ESSO ou les cinémas de Lillebonne et Bolbec, le dancing de la Cayenne, le Penalty ou le Diamant Rose : célèbres cafés ! Ils faisaient entr
etenir leur linge dans des familles avec lesquelles se sont nouées des relations durables ; cependant les contacts avec la population gravenchonnaise sont restés peu fréquents ; beaucoup ont gardé le souvenir de relations parfois inamicales, les résidents des baraques étaient souvent considérés comme des étrangers…
Les déplacements se faisaient à bicyclette, ou à pied pour ceux qui n’en avaient pas ; les cars de ramassage du personnel ne pouvaient pas être utilisés du fait du décalage des heures de repas, on circulait sur le bord de la route longeant la clôture de la raffinerie, dans l’obscurité d’où une collision entre vélo et piétons un soir d’hiver. La piste cyclable ne sera ouverte que 20 ans plus tard, l’avenue Anatole France n’existait pas ; pour aller de St-Georges à la Place Pasteur il fallait passer par une petite route encaissée (devenue l’Avenue Victor Hugo) qui rejoignait la route de Triquerville (devenue la rue Coty), ou bien emprunter la sente qui s’était formée (malgré les protestations du fermier !) à travers le champ de blé qui recouvrait l’actuelle place de la Hêtraie. Les commerces, assez nombreux, étaient regroupés autour du Carrefour St-Georges (actuel carrefour de l’Europe) : sur la rue du Havre et la route du Bac ; la place de Normandie accueillait les Economi
ques de Normandie et la Coopérative ESSO (dont l’annexe à la porte A fournissait les « compléments alimentaires » aux clients de la cantine). Les séances de cinéma se tenaient dans la Salle des Fêtes de la Place de Normandie que l’on gagnait, en groupes, par la rue Lavoisier où l’on voyait encore la lourde chaine destinée à en interdire l’accès. Le public était constitué presqu’exclusivement des familles des Cités ESSO et Mobil qui semblaient bien se connaître, mais que l’on ne fréquentait pas ; sans doute parce que la vie en communauté avait créé un groupe qui se suffisait à lui-même.
Au cours des années suivantes, la plupart des résidents de la première heure se sont mariés avec des jeunes filles de la région et se sont installés dans la cité ; ceux qui faisaient les quarts ont pu profiter d’un logement et faire venir leur épouse. Ceux qui étaient affectés au Technique ou aux Laboratoires sont restés plus longtemps célibataires, ou sont partis habiter dans les environs.




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